lundi 20 février 2017

Le restaurant La Paix à Anderlecht

Mardi passé, nous nous sommes organisés une petite excursion gourmande à Bruxelles Chéri et moi. Notre point de chute: la Paix, à Anderlecht, le célèbre restaurant du Chef David Martin.

Cela faisait un certain temps que nous voulions nous y rendre mais l'endroit n'étant ouvert que les jours de semaine à midi et le vendredi soir, il nous a fallu quelque peu patienter avant de trouver le moment idéal.

En bons cheminots que nous sommes, nous partons donc en train, direction Bruxelles-midi. Hors de question de nous rendre dans la capitale en voiture un jour de semaine. Une station de métro plus tard (Clémenceau, métro 6 direction Roi Baudouin pour la petite info), nous voilà dans le quartier des abattoirs d'Anderlecht. 

Le quartier dénote légèrement avec le prestige de l'établissement dans lequel nous nous rendons mais c'est ce qui rend la ville si cosmopolite. Le restaurant est situé juste en face de la grande entrée des abattoirs (petite pensée pour Claudy Focan au passage hihihi).

Une fois la porte d'entrée passée, la magnificence du cadre est ahurissante. Le coté ancienne brasserie allié au plafond constellé de colombes est encore plus beau que dans mon imagination. 




Les tables, bien plus espacées que je ne le pensais, sont ornées de nappes immaculées, de magnifiques verres et de ce si beau couteau, premier représentant des nouvelles influences japonaises de la cuisine de David Martin.
La grande cuisine ultra moderne en fond de salle est complètement ouverte et offre le beau spectacle d'une brigade s'activant autour des fourneaux.






L'accueil est particulièrement agréable. On est les premiers, comme toujours (ou presque), ce qui me permet de réaliser quelques clichés rapides pour vous en faire profiter.

Le jeune homme qui s'occupe de nous est super avenant tout en conservant ce petit côté sérieux que l'on retrouve dans les établissements étoilés. Rien de guindé mais un vrai professionnalisme, pas du tout forcé et vraiment très agréable. 

Une carte courte et un menu déclinable en 3, 5 ou 7 services proposé à 60, 85 ou 125€ sont diponibles à La Paix. 

Pour notre part, nous optons pour le menu "Prestige", proposé en partenariat avec le site The Fork. Un menu 5 services en all-in, de l'apéritif au café pour la somme de 100€. 

En réservant via le site du restaurant, cette option est proposée mais pas obligatoire et représente un rapport qualité prix presque inespéré dans un établissement bruxellois étoilé.

C'est parti pour un repas d'anthologie, suivez-moi...



Malgré une formule all-in plus que compétitive, on nous laisse libres de choisir l'apéritif qui nous convient et ça, c'est vraiment bien. 
On se décide pour un gin tonic, un gin belge, le Pink Cloud plus précisément, aux arômes de cerise et de cuberdon, qu'on a beaucoup aimé. 
Et oui, vous lisez bien, Chéri a fait un petit écart à son défi "Tournée minérale" mais il ne pouvait décemment pas vivre l'expérience "La Paix" à l'eau.


Le pain et ses trois délicieux beurres. Le premier, nature, le second au romarin et le troisième aux cèpes. 



La première mise-en-bouche: Rillette de maquereau, préparation pistaches olives et condiment d'ail noir du Japon.
Dès les premières bouchées, les arômes explosent en bouche. On repose nos couverts après chaque bouchée pour prolonger un peu plus ce moment d'exaltation gustative. 
On comprend vite que ce repas risque bien d'être une de nos plus belles expériences en terme de découverte et de saveurs. Fantastique!



La deuxième mise-en-bouche: Préparation champignons et huitre gillardeau, katsuobushi gratiné et cresson bruxellois.
De véritables sensations fortes en quelques bouchées. Une merveille! Des saveurs connues mêlées à d'autres moins ou pas connues, des textures, un vrai travail de préparation et de présentation. 



Vous ne connaissez pas le katsuobushi? Honnêtement, moi non plus. J'ai donc demandé à notre divin garçon de salle qui a pris le temps qu'il faut pour nous renseigner.
Il s'agit en fait de flocons de bonite séchée, obtenu grâce à cette sorte de mandoline japonaise, et qui est à la base par exemple du célèbre bouillon Dashi.



Première entrée: Tricorne de thon blanc cru, mousse d'anguille fumée, déclinaison de ramonache (radis noir), salade d'algues, concombre et bouillon Dashi.
Que dire? Une assiette parfaite, des saveurs divinement associées et presque indescriptibles tant c'était bon. Est-ce donc ça l'Umami? J'ai tendance à dire que oui.



Deuxième entrée: King Crabe de Norvège, jeunes poireaux et chou, caviar belge de Turnhout, sauce au corail de tête de King Crabe et vin jaune "Château Chalon".
Whaouuuu, nous sommes quasi tombés de notre chaise. Ca ne s'explique pas je pense, ça se déguste, bouchée après bouchée, saveur après saveur. 



Troisième entrée: Rouget poché à l'huile d'olive, champignons japonais, sudachi, truffes des mers, préparation végétale à l'amande d'Avola, pulpe crue de moules Bouchot et poudre d'algues.
Il nous a été expliqué de d'abord poser le doigt dans la poudre d'algues, de le porter à la bouche et d'ensuite commencer la dégustation. 
Une fois encore, l'explosion de saveurs est impressionnante. Une cuisson du rouget, peu courante, juste magnifique et des produits insolites comme ces champignons japonais alliés au côté acidulé du sudachi. Miam!



Le plat: Canne Kriaxeras du pays basque, pommes souflées, choux de Bruxelles et pieds de mouton, sauce au foie et sang de canard.
Un plat d'une si grande justesse, tellement gourmand, rempli de technique et une sauce divine. 
La canne a été cuite entière, en cocote et nous est présentée avant l'arrivée de notre assiette (voir la photo ci-dessous). Le côté brasserie est encore une fois merveilleusement illustré par la présentation de cette belle bête sous nos yeux ébahis.



Le dessert: Cheesecake, spéculoos, ananas en gelée et croquant, vinaigrette passion et sorbet miso passion.
Même le dessert nous apporte son lot de découverte grâce au sorbet miso passion particulièrement savoureux. Un dessert tout en texture qui a finalisé parfaitement ce merveilleux repas.



Avec nos cafés, un très bonne tarte basque aux cerises noires nous a été servie.


Ainsi qu'un petite flan caramel


Et une mandarine, toute simple, brute de décoffrage avec les accompagnements du café. Sa saveur s'allie particulièrement bien aux arômes du café.

En bref, je pense qu'après cette longue description de notre repas, il n'y a pas grand chose à rajouter. Tout est dit. Nous avions placé la barre haut, très haut même et avons été encore plus satisfaits qu'espéré. 

La cuisine de David Martin est une vraie invitation à voyager, à découvrir des produits, des cuissons, des saveurs. Ce sont les nouvelles influences japonaises de sa cuisine qui nous avaient conduits droit chez lui et nous en avons eu pour notre compte. Que de découvertes! Merci à sa super brigade pour cette merveilleuse balade gastronomique.

Tout est mis en oeuvre pour que votre passage au restaurant La Paix reste gravé à jamais dans les anales de votre mémoire gustative et ce fut le cas. Ce repas s'inscrit comme une de nos plus belles expériences de gastronomes à ce jour. 

Seul regret, ne pas avoir pu rencontrer le Chef Martin, absent ce 14 février. 

Côté service, je tiens à remercier vivement notre hôte en salle qui nous a accompagné durant tout le repas. Il nous a permis, grâce à ses explications détaillées, de comprendre toutes les petites subtilités des plats servis, surtout en ce qui concerne le côté nippon des ingrédients, et nous le remercions très sincèrement pour cet investissement.


L'addition de 200€ tout juste est venue parfaire ce moment d'anthologie.  La formule Menu Prestige est vraiment idéale pour une première expérience et représente une des meilleurs rapport qualité prix qu'il m'ait été donné de tester.

Site internet: La Paix


Adresse: Rue Ropsy Chaudron, 49
1070 Anderlecht (Bruxelles)
02/523.09.58

Cotation: 1 étoile Michelin, 17/20 au Gault & Millau



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